Vous rendez souvent service, vous êtes disponibles pour vos proches, compréhensif, à l’écoute… Et on vous reproche parfois d’être “trop gentil” ?
En même temps, on nous encourage à être bienveillants : dans notre communication, dans l’éducation, ou dans le regard qu’on porte sur les autres.
Entre ces notions qui semblent proches, et des injonctions parfois contradictoires, difficile de s’y retrouver. Où placer le curseur ?
Bienveillance vs gentillesse : quelles différences ?
La bienveillance est aujourd’hui omniprésente : dans les domaines de l’accompagnement et de l’éducation, parfois aussi (de manière plus ou moins sincère!), dans le monde de l’entreprise. Ces discours s’appuient sur l’héritage de Carl Rogers et de Marshall Rosenberg, qui ont profondément influencé notre manière de concevoir la relation à l’autre.
Les formations de premiers secours en santé mentale vont jusqu’à affirmer que “Être gentil, ça sauve des vies”.
Et pourtant, la gentillesse souffre d’une image ambivalente, souvent même dévalorisée. Le “mec gentil” manque de charme. La “gentille fille” manque d’audace et d’initiatives. Et surtout, on peut être “trop gentil”.
Plutôt curieux, quand on y pense. On parle rarement de quelqu’un de “trop courageux”, “trop sage”, ou “trop patient”. Pourquoi la gentillesse fait-elle exception ?
Quand la gentillesse devient un masque
En réalité, il n’y a pas un “trop plein” de gentillesse. Le message vise autre chose : une peur du conflit, un besoin d’approbation, parfois même une forme de manipulation. La gentillesse est ici un euphémisme, pour évoquer une forme de fragilité.
Et cette gentillesse un peu factice peut même se transformer en stratégie relationnelle. “Je te rends service, je suis disponible, et tu me dois ceci ou cela en retour”. Donner… avec une attente implicite de retour. Ce qu’on appelle le “nice guy syndrome”, dans un contexte de séduction.
La “vraie” bienveillance : être gentil sans s’oublier
Mais ne jetons pas la gentillesse avec l’eau du bain ! Des formes de générosités sincères existent bel et bien. Parfois même des sacrifices, réellement altruistes.
La chercheuse américaine Abigail Marsh a par exemple étudié des personnes ayant donné un rein à des inconnus, sans aucune contrepartie. Leurs motivations ne reposaient ni sur la culpabilité, ni sur une attente de reconnaissance. Elles étaient le résultat d’une hyper-empathie, due à une amygdale particulièrement développée.
Ce qui est intéressant, c’est que, selon l’autrice, ces personnes ne sont pas “exceptionnelles” au quotidien. Leur altruisme extraordinaire ne les empêche pas d’avoir des limites, ou d’exprimer leurs besoins.
C’est une distinction essentielle : ni la bienveillance ni la gentillesse n’impliquent de s’oublier. Elles sont compatibles avec la capacité à dire “non”, à poser un cadre et à confronter si besoin est.
Trop gentil ou pas ? Les questions à se poser
Alors, comment savoir où l’on se situe ?
Plutôt que se référer à une norme extérieur, ou des discours parfois superficiels et culpabilisants, mieux vaut observer ce qui se passe en vous.
- Quand vous rendez tel service, est-ce un choix conscient, ou une manière d’éviter un inconfort ? Auriez-vous pu refuser sans difficulté ?
- Après coup, vous êtes-vous senti nourri, aligné ? Ou plutôt fatigué, voire un peu amer ?
- Est-ce que contribuer au bien-être des autres est une récompense en soi, ou attendez-vous implicitement quelque chose en retour ?
Le but n’est pas de juger, ou d’analyser. Mais accueillir des ressentis, pour clarifier vos motivations.
Un positionnement juste entre gentillesse et affirmation de soi
Nous évoluons dans un environnement rempli d’attentes, explicites ou non, parfois contradictoires. À ça vient s’ajouter notre histoire personnelle. Certains d’entre nous ont appris très tôt à être sages ou serviables, à ne pas prendre trop de place, par mimétisme, ou pour apaiser les tensions.
Le problème n’est pas le comportement en lui-même. C’est quand il devient automatique, et qu’il n’est donc plus choisi.
Retrouver un équilibre satisfaisant passe alors par un travail de clarification : qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ? Quelles sont vos limites ? Y a-t-il des situations où vous les mettez de côté ?
L’hypnose peut aider dans ce processus. Pas comme une baguette magique permettant de rediriger les comportements de manière instantanée. Mais comme un outil d’exploration intérieure : se recentrer pour y voir plus clair, et trouver l’énergie pour aller vers ce qui a du sens.
Le mot de la fin
La question n’est donc pas de savoir si l’on est “trop gentil”. La vraie question est de savoir si notre manière d’être avec les autres laisse assez de place à nos besoins et à nos valeurs.
C’est là que se trouve le bon curseur. Et ce ne sont pas des injonctions vagues et naïves qui peuvent décider à votre place.
Si vous avez tendance à vous oublier dans la relation, un accompagnement en hypnose peut vous aider à y voir plus clair, et à retrouver un positionnement plus juste. Vous pouvez prendre rendez-vous ici, ou me contacter si vous avez des questions.
À bientôt”

Louis Bert est sophrologue et praticien en hypnose. Il est passionné par l’exploration intérieure, les états modifiés de conscience, et l’humain en général. À travers son écriture, il partage ses réflexions et ses expériences sur la sophrologie, l’hypnose, la relaxation et le développement personnel.
Son blog est un espace de réflexion où il partage des conseils, des techniques et des récits inspirants pour aider chacun à mieux se comprendre et à cultiver l’harmonie au quotidien. Il explore des thèmes tels que la découverte de soi, la gestion du stress, le sommeil et les émotions.